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June 29, 2026

Club Utilisateurs Delmia Ortems 2026 : 4 témoignages pour mesurer l’impact d’une planification avancée

De la construction nucléaire à l’industrie pharmaceutique, en passant par la fabrication de véhicules frigorifiques et la production de lingettes cosmétiques, le Club Utilisateurs Delmia Ortems 2026 (CUDO) a réuni des témoignages d’une rare diversité sectorielle. Quatre entreprises sont venues partager leur expérience concrète de la planification avancée, entre gains de productivité mesurables, abandon des tableurs et transformation en profondeur des processus supply chain.
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AvatarJosé Roda

Sommaire

À l’occasion de son édition 2026, le Club utilisateurs DELMIA Ortems a une nouvelle fois confirmé sa vocation : offrir un espace d’échange convivial entre praticiens de la planification industrielle. Au programme de cette journée, quatre prises de parole venues illustrer, chacune à leur manière, la valeur opérationnelle des solutions DELMIA Ortems dans des contextes de production exigeants et contrastés. Des lignes d’assemblage sous contrainte capacitaire aux cycles de fabrication pharmaceutique en environnement réglementé, les intervenants ont partagé leurs avancées, leurs chantiers en cours et les gains déjà perceptibles.

Eiffage Métal : simuler pour investir juste

Spécialiste de la construction métallique de haute complexité, l’usine Eiffage Métal de Lauterbourg, en Alsace, a bâti sa réputation sur des réalisations emblématiques, du viaduc de Millau aux structures offshore en mer du Nord. Aujourd’hui, le site amorce un virage stratégique majeur, avec le développement d’une ligne de production dédiée à la fabrication du liner des futurs EPR2 français. Ce composant d’étanchéité du bâtiment réacteur, constitué de 286 panneaux unitaires représentant près de six kilomètres de soudure à contrôler à 100 %, impose une maîtrise industrielle et documentaire inédite pour l’entreprise.

Face à ce défi, l’usine a choisi DELMIA Ortems non comme outil de planification opérationnelle, mais comme simulateur capacitaire. L’enjeu : modéliser la future ligne de production pour déterminer le nombre de machines à acquérir, optimiser le layout, calculer les taux de charge poste par poste, et en déduire une enveloppe budgétaire crédible. Avec un robot de soudage à cinq millions d’euros l’unité, la rigueur de l’analyse conditionnait directement le niveau d’investissement à engager.

Nous n’avons pas utilisé Ortems comme un outil de planification à proprement parler, mais pour simuler une ligne, en définir la charge capacitaire et valider le layout avant d’investir dans les machines. – Lionel Bogner, responsable industriel, Eiffage Métal Lauterbourg

La démarche a également permis de sécuriser les engagements pris vis-à-vis d’EDF. Ce client exigeant suit en temps réel l’avancement de la production et peut imposer des convocations de contrôle sur l’ensemble des soudures. Le planning, autrefois géré sur un tableur à 52 lignes hebdomadaires, a cédé la place à une modélisation fine intégrant les différents postes, les régimes de travail et les jalons de livraison par bateau vers le chantier de Penly. La prochaine étape ? Déployer DELMIA Ortems en ordonnancement opérationnel pour piloter la production en temps réel, en lien avec le MES (Manufacturing Execution System), DELMIA Apriso, est déjà déployé sur le site.

Eurowipes : l’intelligence artificielle et le machine learning au service de la fiabilité du planning

Leader français de la fabrication de lingettes, disques coton et masques pour les soins de la peau, Eurowipes, filiale du groupe Anjac, emploie 230 collaborateurs et produit 120 millions d’unités par an sur 11 lignes de production, pour des clients tels que L’Oréal, Sephora, Mustela ou Gifrer. Après avoir déployé DELMIA Ortems et porté son taux de service client de 88 à 92 %, l’entreprise a cherché à franchir une nouvelle étape : comprendre pourquoi le planning « ne s’exécutait pas comme prévu » et anticiper les dérives avant qu’elles ne se matérialisent concrètement par des désordres et retards de production.

C’est dans cette optique qu’Eurowipes a adopté Scheduling Intelligence, le module analytique et prédictif de Dassault Systèmes. L’outil exploite l’historique des plannings pour produire des tableaux de bord d’adhérence, mesurer l’utilisation des ressources, identifier les postes goulots d’étranglement et, surtout, prédire les dérives à venir grâce au machine learning. Les alertes de déviation sont classées selon leur criticité, avec des scores de fiabilité qui permettent à l’équipe planning de hiérarchiser ses interventions.

Schedule Intelligence nous a permis de rechercher rapidement une information sur un planning passé, d’avoir des arguments factuels pour dialoguer avec la production, et d’anticiper les retards grâce à des prédictions basées sur l’IA. C’est quelque chose que nous ne pouvions absolument pas faire auparavant. Céline Hémond, Planning Manager, Eurowipes

Les bénéfices observés vont au-delà du seul gain en fiabilité : réduction des ruptures pour les clients de la grande distribution, ce qui induit moins de pénalités, réduction des stocks et de l’obsolescence, diminution des encours, meilleure identification des matières non utilisées et, surtout, évolution qualitative du dialogue entre planning et production… Les atouts sont nombreux ! Là où les échanges reposaient par le passé sur des tableurs statiques et des présentations chronophages, les équipes partagent désormais un référentiel commun, factuel et dynamique. Les prochaines étapes incluent la quantification précise des gains et l’intégration du Virtual Companion, un assistant conversationnel qui permettra d’interroger les données directement depuis les vues de planning. À suivre…

Lamberet : cartographier pour mieux planifier

Fabricant de carrosseries frigorifiques, Lamberet est présent dans 40 pays avec 1 200 collaborateurs en Europe, 4 sites de production et une gamme allant du vélo cargo à la semi-remorque industrielle. L’entreprise évolue dans un environnement dit Engineering-to-Order, où chaque véhicule est conçu sur mesure et peut embarquer jusqu’à plus d’un millier de composants spécifiques. DELMIA Ortems y est déployé depuis 2014, mais 10 ans de pratique avaient vu s’accumuler les fichiers Excel parallèles, les processus hétérogènes entre sites et les tensions chroniques entre planification et commerce.

En 2024, l’arrivée d’un nouveau directeur supply chain a déclenché une mission de remise à plat des pratiques, conduite avec un consultant externe. La démarche, fondée sur la cartographie AS-IS des processus (afin de photographier les flux et interactions entre services avant d’en définir la cible), a mis en lumière huit leviers d’amélioration : triple saisie des données de commande, réservations budgétaires annuelles déconnectées de la réalité commerciale, délais de traitement du bureau d’études (STDC) non pilotés, ordonnancement entièrement dépendant de l’expertise individuelle des planificateurs. Autant de dysfonctionnements qui plaçaient les équipes en mode “pompier” permanent.

Une nouvelle commande, c’était une triple saisie dans trois systèmes différents. Une pratique qui est source d’erreurs, chronophage, et qui ne présente aucune valeur ajoutée pour la planification. L’idée consistait à pouvoir enfin faire de la vraie planification : des simulations, des scénarios, du temps passé avec le commerce à trouver des solutions, plutôt que de répéter les mêmes tâches en mode pompier à longueur de journée. François Laurent, responsable projets supply chain, Lamberet

La cible définie repose sur quatre axes : automatisation du transfert de données entre configurateur commercial et ERP, repositionnement de DELMIA Ortems comme outil central de lissage de charge et de simulation de délais, mise en place d’un processus S&OP sur 18-24 mois, et développement d’un demand planning mensuel intégrant les équipes commerciales. L’objectif final n’est pas seulement technique : il s’agit de redonner aux planificateurs les moyens d’exercer leur véritable valeur ajoutée, en simulation et en anticipation, plutôt qu’en ressaisie permanente de données.

OM Pharma : une planification sous contraintes réglementaires

OM Pharma, entreprise suisse de 400 personnes spécialisée dans les immunostimulants respiratoires et urinaires, évolue dans un contexte contraint : cycles de production biotechnologiques de quatre mois, rendements variables par nature, équipements soumis à une qualification réglementaire, livraison dans plus de 100 pays avec des autorisations de mise sur le marché spécifiques à chaque territoire. Jusqu’à récemment, la planification reposait sur une multitude de tableurs qui se reconfiguraient à chaque changement de poste, rendant la continuité opérationnelle fragile et les prix de revient peu fiables.

Nous livrons dans plus de cent pays, et la conformité réglementaire prime sur tout le reste : un produit fabriqué sur un équipement non homologué pour un marché donné ne peut simplement pas y être commercialisé. La planification doit donc intégrer en permanence cette triple contrainte de stock, d’équipement qualifié et d’autorisation de mise sur le marché.Yannick Talhoet, Head of Logistics & Planning, OM Pharma.

Le déploiement de DELMIA Ortems, en cours depuis un peu plus d’un an, a d’abord ciblé la partie formulation et conditionnement pharmaceutique, la plus standardisée. L’outil orchestre l’ordonnancement sur un horizon ferme de 3 semaines, un horizon organisationnel de 12 semaines intégrant les commandes confirmées, et un plan prévisionnel glissant sur 52 semaines. Les suggestions d’affectation par atelier, les alternatives de gammes réglementaires et la visibilité sur les stocks à péremption différenciée sont autant de paramètres qu’Ortems intègre désormais dans un modèle cohérent.

Le projet Ortems nous a aussi obligés à remettre à blanc toutes nos gammes opératoires en redéfinissant les temps réels. Résultat : beaucoup moins d’échanges sur « je peux ou je ne peux pas tenir le planning », parce que les données sont enfin propres et à jour.Adrien Poirier, responsable production, OM Pharma

Les premiers bénéfices identifiés portent sur la réactivité face aux aléas (pannes, absences, retards qualité répercutés automatiquement dans le planning), la réduction des destructions de stocks liées à des péremptions ou des évolutions de packaging, et la capacité à produire en quelques clics des simulations de scénarios d’ouverture d’atelier. Mais un autre effet collatéral est particulièrement apprécié.

En effet, la fiabilisation des gammes opératoires a amélioré la précision des calculs des prix de revient. Ce bénéfice transversal que les équipes financières n’avaient pas anticipé au lancement du projet est un atout majeur. La prochaine étape ? Étendre la solution à la partie biotechnologique du processus, plus complexe et jusqu’ici hors périmètre.

Vous n’avez pas pu assister à l’événement ? Contactez-nous pour recevoir les présentations et replays vidéo des témoignages clients.

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